matire Une image est perceptible grâce à la rencontre d'un matériau -au sens large- et d'un support.

Ordinairement ce matériau est physique, constitué d'un pigment généralement intégré au liant. Ce matériau peut aussi être de la lumière (vidéo, informatique, etc.) ou des pseudo-chimiques comme les halogénures d'argent utilisés pour la photographie. Hormis les solutions classiques comme la peinture, les craies, ou les crayons, d'autres matériaux trouvent des emplois 'picturaux' : terre, sable, plâtre, textiles, résines, etc.

Les supports les plus souvent utilisés à l'école sont le papier et le carton, sans préparation particulière. D'autres supports, comme la toile ou les panneaux composites, ainsi que des enduits de fond peuvent présenter une qualité de matière très particulière.Les résultats de ces combinaisons infinies donnent des effets de matière spécifiques dont l'impact visuel est aussi important que ceux de la forme ou de la couleur.

 

La matière est dépendante de la facture utilisée : hachure, structure, superposition, dripping, pression, etc.,

Il importe de travailler cette notion et de développer dès le plus jeune âge la sensibilité tactile pour éprouver la nature propre des objets (les enfants le font spontanément, en touchant tout ce qui se trouve à leur portée, explorant parfois davantage avec les mains qu'avec les yeux).

La perception et la transcription visuelles de cette variété (grain, épaisseur, transparence, texture, rugosité, qualité, etc.) constituent la phase suivante des apprentissages : formulation des sensations (tactiles, visuelles), description, comparaisons, confrontation, etc. puis expérimentations et recherches plastiques.

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Les matériaux

Les encres, en particulier diluées, permettent l'obtention de transparences avec lesquelles jouent les superpositions, selon le principe de l'aquarelle;

les peintures acryliques et à l'huile conviennent mieux aux effets d'épaisseur, tandis que la gouache peut tendre vers les qualités de légèreté de l'aquarelle;

les produits gras (cire, encaustique, craies grasses) permettent des combinaisons inattendues avec les produits aqueux (" accidents " par rejets souvent intéressants); transparences et légèretés avec les craies solubles;

le gesso, permet des superpositions et des expérimentations nouvelles comme l'addition de charge (colle d'amidon, sable, craie, etc.) à la peinture;

les produits de fabrication "maison", résultats d'expérimentations et d'essais, sont infinis. De nombreux artistes en ont d'ailleurs largement fait usage.

La matière minérale (roches tendre ou dure, gravier, sable, terre, etc.) est particulièrement variée et multiple et se trouve directement dans l'environnement naturel. Une gamme infinie de ces "matières" est obtenue au fil des recherches où tout est au service de cette exploration : matériaux (peinture, colle, sable, sciure, papier mâché,...), couleurs et gestes. La création de peintures "maison" à l'aide de pigments naturels et de liants classiques comme la colle, le lait ou l'œuf, se combine idéalement avec cette notion. pigments bleu

La fibre peut être d'origine végétale (herbe, bois) ou animale (poil). Elle se trouve à l'état naturel (prairie, haie) ou peut être le résultat d'un travail de mise en forme, comme le tissage, la clayonnage ou la vannerie.

 

Le rendu de la matière fibreuse allie le travail de la couleur et de la forme sans négliger l'importance de l'outil, de la viscosité du matériau ou encore de la touche. Cette dernière se décline en pression, en orientation et nervosité variables. Leur combinaison aboutit à une gamme infinie de possibilités. On en citera arbitrairement deux opposés : griffonnage et estompage. estompage

 

griffonnage   Le griffonnage est constitué de traits courts, posés avec nervosité, avec une certaine fantaisie, parfois même de manière désorganisée. Elle renforce le caractère organique et spontané, voire ébouriffé et agressif. L'estompage (avec un papier buvard, un diluant ou directement au doigt) permet d'adoucir les effets de matière. Combiné avec la hachure elle permet de rendre le moelleux et le duveteux par exemple.

 

La texture

Ce terme est réservé aux tissus. On notera deux nuances, selon que l'on parle de la manière dont le tissu est réalisé, sa 'structure' (trame, points, épaisseur, etc.) ou selon le "dessin" apparaissant lors de sa fabrication.

 

La vannerie et le clayonnage

Ces formes d'artisanat appartiennent au même registre que le "tissage", ils sont tout à fait comparables. Ce qui les distingue est la taille des fibres assemblées et la finesse des produits ainsi obtenus.

Les effets de transparence s'obtiennent par superposition de couches : la couche supérieure n'est pas suffisamment couvrante pour masquer complètement la couche inférieure. Les effets peuvent donc varier, d'une transparence 'relative' à une très grande transparence, comme dans le cas d'une vitre.

Pour réussir au mieux cet exercice, il est préférable d'utiliser pour la couche inférieure un matériau indélébile. Ainsi le passage de la nouvelle couche ne viendra pas altérer la couche initiale. On peut utiliser par exemple, de la peinture acrylique, des markers ou des encres indélébiles, des craies grasses non-solubles. Par-dessus on peut ajouter une peinture aqueuse sans risque d'altération du fond initial.

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Le lavis

3-tetes-de-chiens-lavis-11-06 Pour cette technique on utilise des encres indélébiles du type 'encre de Chine'. On applique rapidement au pinceau l'encre diluée (pas totalement couvrante); après séchage, on revient sur la première couche par un deuxième passage. L'opération peut se répéter à l'envi par couches successives. Au fur et à mesure de l'avancement du travail, on se rapproche des zones plus sombres pour terminer avec les valeurs les plus marquées, voire de l'encre pure (totalement noire). Le seul blanc mis à disposition est celui du papier, par seule épargne, c'set é dire réserve. La pratique du lavis nécessite un sens de la décision, un trait sûr puisque la correction n'est pas possible autrement que par nouvel ajout.

Le lavis est d'abord un travail sur la transparence et les valeurs ; il peut aussi être complété par d'autre agents plastiques, la ligne en particulier (plume, marker).

D'autres encres, comme le brou de noix ou des teintures de toutes sortes, industrielles ou de fabrication personnelle (infusion de café, décoctions diverses) conviennent aussi à ce genre de travail.

 

 

Hachure Les hachures sont généralement tracées d'un geste libre et rapide. Elles sont régulières ou non mais toujours rythmiques, le tracé est perceptible. La hachure s’éloigne du ‘coloriage lisse’ qui se veut principalement un aplat régulier.
Les contre-hachures se croisent selon un schéma qui constituera une structure particulière : lignes croisées une seule fois (perpendiculaire par exemple) deux fois (une diagonale supplémentaire), trois fois (deux diagonales), etc. L'augmentation du nombre de croisements accroît la finesse du rendu. Cette technique permet un travail intéressant sur les valeurs (effets d’ombre). contrehachre

 

 

 

 

La brillance attire le regard de tout être vivant. L’enfant n’échappe pas à l’attirance instinctive de ces éclats. Comme il est encore trop jeune pour réaliser par lui-même ces effets lumineux, on utilisera principalement le collage de matière adaptée. Il existe de nombreux papiers ce type. On peut aussi tendre vers ces résultats en utilisant des laques ou des papiers brillants ou irisés, voire des feuilles métalliques –qui peuvent être tranchantes- comme le papier d’aluminium ménager. Mettre en évidence et valoriser les effets lumineux de brillance en les situant dans des contextes ternes. papier-A4-metallic

La rugosité et ses adjectifs opposés, comme poli, lisse ou lustré, sont des caractéristiques palpables évidentes. Leur traduction en image est envisageable avec de jeunes enfants. Les essais de matière se porteront sur la possibilité de traduire ces différents états soit avec des médiums distincts, soit, plus difficile, avec le même médium.

 

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Tout est prétexte à découverte et émerveillement pour les jeunes enfants. Ils sont en particulier sensibles à l'aspect tactile de matières: le moelleux et la profondeur d'une fourrure par exemple. La brillance est un autre aspect qui suscite la fascination.

L'utilisation du collage permet de conserver les matériaux en l'état et ne demande pas de maîtrise technique particulière.

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